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Cathédrale Saint-Lazare d’Autun

 

Les 5 premières chapelles restaurées ont été inaugurées le 31 octobre 2013

 

Cathédrale Saint-Lazare d'Autun / Crédit photo Desbrosses Catherine

Historique de l’édifice :

La cathédrale Saint-Lazare, propriété de l’Etat, est classée monument historique par liste de 1840. Construite dans la première moitié du XIIe siècle pour la vénération des reliques de Saint-Lazare, elle est l’un des témoins les plus importants de l’architecture et de la sculpture romanes en Europe.
Sa façade principale, achevée vers 1130-1135, présente à son tympan un Jugement Dernier, réalisé entre 1135 et 1145 et attribué au sculpteur « Gislebertus », nom incisé sur le linteau. En 1468, un incendie est le point de départ d’une modification générale de la silhouette de la cathédrale avec la construction de la haute flèche et du grand comble, l’édification de la grande sacristie et des chapelles latérales, dans le style gothique flamboyant. Le XIXe siècle est, à son tour, marqué par d’importants travaux de restauration, conduits sous la direction du service des monuments historiques, et de décoration des chapelles latérales.
La cathédrale est dotée de riches collections, parmi lesquelles les chapiteaux romans déposés lors des travaux du XIXe siècle dans la salle capitulaire, le suaire de saint Lazare (Andalousie, début Xie) actuellement en réserve au musée Rolin, la Vierge à l’enfant de Jean de la Huerta (v.1450) présentée au musée Rolin, la Pietà du Guerchin, la garniture d’autel de Jacques Renard (1777), le Martyr de Saint Symphorien par Ingres (1834). La grande sacristie et les réserves aménagées dans les tours de façade conservent une importante collection d’ornements liturgiques, composée de plus de 750 pièces.

Rappel des travaux extérieurs (1990 – 2009) :

Le grand portail a été restauré en 2009 au titre du Plan de relance de l’économie. Les travaux, accompagnés par un comité scientifique, ont abouti à la publication d’un ouvrage et à la réalisation d’une exposition au musée Rolin, co-financés par la ville et l’Etat, permettant de présenter au grand public l’état des connaissances, notamment sur la polychromie d’origine.
Cette opération a marqué la fin de la campagne de restauration extérieure de la cathédrale impulsée au début des années 1990, et placée sous la maîtrise d’œuvre de Frédéric Didier, architecte en chef des monuments historiques. L’Etat y a investi plus de 8 M €, incluant le réaménagement et l’ouverture au public de l’enclos situé au sud et longtemps utilisé comme aire de chantier.
Après la mise en valeur des abords de la cathédrale menée il y a cinq ans sous la maîtrise d’ouvrage de la ville, un projet d’éclairage de mise en valeur extérieure du monument, élaboré par le cabinet Citelum à l’initiative de la mairie, a été autorisé par l’Etat et mis en œuvre en 2011.

Restauration intérieure (à partir de 2011) :

Cathédrale Saint-Lazare d'Autun / Crédit photo Desbrosses Catherine

illustration 1ère phase : chapelles :

Suite à la chute de plaques d’enduits des voûtes de la nef, une purge à la nacelle menée en 2007 et la pose de filets, un projet de restauration intérieure de la cathédrale a été commandé par la DRAC à M. Didier. Un premier dossier opérationnel a été remis en 2010, concernant la sauvegarde prioritaire des décors de 5 chapelles. C’est cette première phase de restauration des intérieurs qui fait l’objet de la présente inauguration. Les travaux ont permis des redécouvertes importantes :

- Chapelle Saint-Symphorien : restauration des peintures murales d’Edouard Krug, datées de 1873, représentant l’apothéose de Saint Symphorien avec consolidation du support, de la couche picturale et restitution des parties lacunaires grâce à des photographies anciennes. L’opération a permis de remettre au jour un fragment du premier décor gothique, laissé visible à titre de témoin.
- Chapelle du Sacré-Coeur : sauvegarde et traitement du décor de Philibert Mariller daté 1860 représentant le Christ entre Marthe et Marie, remise en place du tableau de l’Apparition du Christ à Marguerite-Marie Alacoque dans le retable restauré. A l’aide de clichés pris avant les fuites de toitures dans le bas-côté sud, le décor, des voûtes, en grande partie disparu, a pu être restituer en totalité.
- Chapelle de la Vierge : restauration des décors XIXe, de l’autel en marbre et de son estrade. Les décors de rinceau des marbres ont pu être restitués grâce aux vestiges en place, analysés avec l’aide du Laboratoire de Recherche des Monuments Historiques.
- Chapelle Jean II Rolin : dégagement et restauration des badigeons d’origine avec appareil à faux joints ainsi que des vestiges peints d’un retable XVIe.
- Chapelle de Clugny : dégagements complémentaires et sauvegarde des vestiges du décor peint du XVe,, qui avait fait l’objet d’une première restauration dans les années 1980.

Ces travaux sur les décors peints et sculptés ont été accompagnés de prestations de maçonnerie-pierre de taille sur les élévations et les sols, ainsi que de la restauration des éléments de menuiserie (lambris, autels, placards, grilles en bois), des tableaux, des vitraux et de l’éclairage des chapelles.
Ce chantier, lancé à l’automne 2011 pour un montant de 0,7 M € (100% Etat), a été achevé en mai 2013 et réalisé par les entreprises suivantes :
- échafaudage-maçonnerie-pierre de taille-plâtrerie : DUFRAIGNE (71400 Autun)
- décors sculptés et marbres : DELIVRE (94120 Fontenay-sous-Bois)
- décors peints : groupement conjoint ARCAMS et ARCOA (71400 Autun)
- menuiserie d’art : SUD FRANCE (83000 Toulon)
- vitraux : ART VITRAIL (89000 Auxerre)
- électricité : BILLIER (71400 Autun)

Cathédrale Saint-Lazare d'Autun / Crédit photo Desbrosses Catherine

illustration 2ème phase : suite de la restauration intérieure :

La DRAC a programmé pour 2014 le financement de la deuxième phase de cette restauration intérieure, d’un montant de 0,9 M€, laquelle porte sur 5 autres chapelles (Charvot, Petit-Jean, St-Léger, St-Joseph, Champallement) et sur le nettoyage des deux travées du choeur. Cette opération permettra notamment de transférer les vestiges du tombeau des Jeannin dans l’enfeu de la chapelle St-Léger pour améliorer sa présentation, d’aménager une chapelle de semaine et un lieu d’accueil paroissial, à la demande du clergé.
A partir de 2015, sera programmée la restauration des parements intérieurs du transept puis de la nef et des bas-côtés, estimée à 3,9 M€, ainsi que l’aménagement d’un trésor et la restauration de l’orgue de chœur. Le parcours de visite du trésor devrait inclure, en concertation avec le clergé affectataire, la grande sacristie (textile, orfèvrerie), la chambre forte (suaire de saint Lazare actuellement déposé au musée Rolin) et la salle capitulaire (chapiteaux), fermée au public en raison d’actes de vandalisme. Un projet de convention Etat - ville d’Autun autour de la gestion du trésor est à l’étude, en raison de la complémentarité historique et artistique évidente entre les collections de la cathédrale et celle du musée Rolin.

Au total, il s’agit donc d’une opération impulsée par l’Etat dès les année 1990, conduite avec constance sur le long terme, soutenue dans le cadre du Plan de relance de l’économie, pour un montant global estimé à 13 M€.
Cette opération est exemplaire à plus d’un titre : par son caractère complet, l’édifice ayant été restauré dans sa globalité c’est-à-dire avec ses décors et ses très riches collections ; par son souci de concertation entre l’Etat propriétaire et le clergé affectataire afin de concilier au mieux les impératifs cultuels et culturels ; par son double objectif de sauvegarde et de mise en valeur, laquelle devrait aboutir sur l’ouverture au public du trésor de la cathédrale, dans un partenariat étroit entre la ville d’Autun et l’Etat.